Captivité et instincts...

Cet article n'est pas, à proprement parlé, un "coup de gueule" mais nous le postons ici pour vous parler d'un sujet très intéressant.

A la rencontre du public dans les allées du parc, on nous pose souvent la question suivante : "mais, en captivité, les félins ne perdent-ils pas leurs instincts de chasseur ?"

Et bien avec 14 ans d'existence et de militantisme en faveur d'une captivité "raisonnée", où nous donnons de grands espaces naturels à nos animaux, nous pouvons répondre à cette question en affirmant que NON, la captivité ne fait pas disparaître les instincts de chasse !

J'en veux pour preuve l'important nombre de proies naturelles chassées par les félins dans leur enclos. Des lièvres aux canards, en passant par des serpents, des taupes et des amphibiens, nos léopards, lynx, servals, et autres félins attrapent chaque année de nombreuses proies qui s'aventurent dans leur enclos, ils échouent aussi.

Nous compilons d'ailleurs tous ces évènements de prédation pour une étude globale à laquelle vous êtes tous conviés (voir l'appel à participation ici) et dont voici quelques résultats et de beaux clichés :

Prédation naturelle réalisée par nos félins
Prédation naturelle réalisée par nos félins

Lions avec un malheureux petit lapin © Yves Knapp
Lions avec un malheureux petit lapin © Yves Knapp

D'ailleurs, comme l'idée d'instinct le sous-entend, l'aptitude à la chasse et tous les comportements associés sont déterminés en partie par l'héritage génétique des espèces. Et la captivité en elle-même ne peut, en 5 ou même 20 générations, annihiler les millions d'années de sélection naturelle !

C'est pourquoi les félins sauvages et les chats domestiques sont stimulés dès le plus jeune âge par le mouvement d'objets, même une simple branche ou des feuilles qui bougent...

Ensuite avec l'âge et les opportunités (l'expérience), les félins se perfectionnent. A l'état sauvage, il doivent devenir de bons chasseurs s'ils veulent survivre et c'est le nombre "infini" de proies qui va aiguiser leurs aptitudes. A l'opposé en captivité, les opportunités de chasse sont faibles, les félins sont donc de moins bons chasseur que leur homologues...

Mais, quand ils ont à disposition de grands espace naturel, comme au Parc des Félins, les animaux peuvent aussi se perfectionner et nous le vérifions régulièrement sur site quand un animal vient d'un parc zoologique où l'espace est plus restreint ; après quelques temps d'adaptation, ces félins se mettent aussi à chasser et améliore leur taux de succès !

L'habile bobcat avec une moustache bien particulière © Max Tiverne
L'habile bobcat avec une moustache bien particulière © Max Tiverne

Guépard nez à nez avec un petit encas © Anne Landois-Favret
Guépard nez à nez avec un petit encas © Anne Landois-Favret

Un grand merci aux trois photographes qui nous ont autorisé à poster ces photos : Max Tiverne, Anne Landois-Favret et Yves Knapp