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NI CARESSES NI BÂTONS !!!

NI CARESSES NI BATONS !

 

Un zoo ne peut pas être le lieu idéal pour les animaux… Cela fait plus de 30 ans que je côtoie des animaux sauvages, et j’en suis plus que jamais convaincu. Et pourtant…

 

Je souhaite par ce message fort affirmer une fois de plus ma pensée, et celle qui anime toute l’équipe.

 

Nous sommes de plus en plus nombreux à prendre conscience qu’il faut en finir avec les spectacles d’animaux vivants. Il est temps… Par spectacle, monsieur et madame tout le monde, entendent en premier lieu les spectacles d’animaux dans les cirques. Moi, depuis toujours j’apprécie les clowns, magiciens et acrobates et c’est avec un immense plaisir que je vois aujourd’hui certains cirques faire machine arrière et ne plus présenter de spectacles d’animaux. Bravo à eux ! Il faut les soutenir en allant voir leurs représentations, car si l’univers forain fait partie intégrante de la culture occidentale, il se doit comme les zoos d’évoluer, et mettre fin à ces pratiques moyenâgeuses, qui ne font qu’entretenir l’illusion de la toute-puissance de l’Homme sur la nature.

 

Mais à mon sens, il en est de même pour toutes les autres formes de spectacles affligeants et dégradants pour les animaux sauvages, et encore plus pour les félins. Ces animaux ne sont pas faits pour être touchés, tripotés, embrassés… un plaisir égoïste pour le client en quête de sensations fortes, mais ô combien néfaste pour l’animal. Au Parc des Félins, nous recevons régulièrement des demandes de personnes souhaitant pouvoir entrer en contact physique avec nos animaux, recherchant un instant de bonheur personnel, bonheur que nous ne retrouverions pas dans les yeux de l’animal photographié pour la postérité…

En France, en Europe comme dans le monde entier, certains établissements acceptent de répondre à cet appel, faisant passer le profit avant la mission fondamentale de conservation des parcs zoologiques. Parce que le client satisfait ne voit pas l’envers du décor.

 

Les félins se reproduisent chez nous et les mamans élèvent leurs petits naturellement, sans nulle intervention humaine et ceci pour qu’ils deviennent de vrais félins. Je reste persuadé que cette notion fondamentale d’animal ambassadeur de la nature ne peut pas s’exprimer à travers l’hypocrisie du « pay to play ». Nos pensionnaires ne sont pas des objets, mais des êtres vivants, qui méritent le respect. Imaginez la réaction d’une mère à qui on volerait l’enfant, pour que celui-ci passe de mains en mains comme un jouet, mis sous le feu des projecteurs pour le plaisir d’autrui. Aucun d’entre nous ne pourrait le tolérer. Et pourtant…

 

En les manipulant, on cause des problèmes comportementaux définitifs. On ne permet pas à ces jeunes de développer ce lien identitaire si important à la vie de ces animaux sauvages. Ils s’intègrent moins bien à leurs congénères, se retrouvant parfois au milieu de conflits qui auraient pu être évités si l’Homme n’était pas intervenu.

 

Il en va de même pour tous ces spectacles, représentations, présentations, et tant d’autres synonymes n’ayant au final pour fonction que d’amuser le visiteur. Du perroquet sur son vélo, au tigre posant sur un tabouret, certains établissements continuent la course au plus spectaculaire banalisant aux yeux des gens une forme d’asservissement de l’animal.

 

Ici au Parc des Félins, nos pensionnaires vivent dans de grands espaces naturels, peuvent exprimer les comportements spécifiques de leur espèce, sans tambours ni trompettes, sans artifices ni contrefaçons.

 

D’année en année, vous êtes de plus en plus nombreux à partager notre vision de la captivité de ces animaux, une captivité raisonnée et aussi respectueuse que possible. Un grand merci encore aux 310 000 visiteurs venus en 2017, et à tous ceux déjà venus arpenter nos allées en 2018.

 

Patrick JARDIN
Fondateur du Parc des Félins